TRAVAUX            

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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"XXI° ZUBER sample III" / 2022 Materiaux : Socles d’exposition, Corde escalade, Mousqueton, Bouteilles d’eau, Peuplier Sweat-shirt, Planches laquées, Mélaminé, Caches vis Pvc. // Format : 210x80 x40cm // Production : Direction à la culture de la ville de Clermont-Ferrand // Site : Salle Gilbert Gaillard - Clermont-Ferrand

 

 

 


"XXI° ZUBER sample". De la relativité d’un usage, la série XXI° Zuber sample s’inscrit dans un projet d’exposition de fin de résidence à la salle Gilbert Gaillard. Cet espace est typique des hôtels particuliers de la fin du XVIII° siècle reconvertis en espace d’exposition, les fenêtres, les moulures et les colonnes installent un panorama historiquement orienté, évoquant les museum d’histoire naturelles.

Les pièces proposées cherchent à intégrer l’espace, à agir dans et avec ce lieu composé de ses spécificités architecturales et de son matériel d’exposition. Les socles et les cimaises sont utilisés et disposés afin de participer au panorama global. Encordés entre-eux, aggrémentés de poignées, reliés à un ballon ou support d’élément de mobilier, ces formes ré-intérrogent l’idée de fonction en perdant leur statut d’outils de scénographie pour prendre un rôle représentatif. Ces ensembles dressent une image panoramique contenant divers représentations de préocupations sociétales contemporaines. Écologie, via un sablier d’eau composé de deux bouteilles en plastique, d’un assemblage de planches mélaminés rappelant le mobilier. Action et mouvement par la présence d’un sweat-shirt jeté, d’un ballon de basket, d’une forme en terre cuite imitant une poignée évoquant un possible transport des socles encordés. L’histoire et l’artisanat par une colonne de pièces en terre cuite emboitées rappelant les cloaca maxima Romains. Un cumul d’images d’archives à la fois historiques et fonctionnelles.

Ces ensembles semblent précaires, l’intervention est encore possible et pourrait chambouler le paysage proposé. Défaire un nœud et les socles peuvent être séparés, pousser la colonne et elle s’éffondre pour laisser une ruine. Chaque pièce proposée possède ce potentiel à n’être que ruine et à être défaite, elles sont figées dans un temps précis, celui de cette exposition, celui du visiteur. Ce rôle d’obervateur est remis en cause, ce qui est observé est construit par l’artiste ou par d’autres visiteurs ? Puis-je agir également sur ce panorama ? construire l’espace ? Deux cimaises sont installées au milieu de l’espace d’exposition afin de créer un couloir étroit laissant pénétrer la lumière naturelle offerte par les fenêtres, ces cimaises n’ont plus de fonction de support et deviennent des blocs entrant en écho avec le panorama global. Ces éléments d’architecture sont alors reliés à l’espace, aux oeuvres et à la circulation du visiteur dans l’espace.

Les manufactures Zuber fabriquent depuis la fin du XVIII° siècle des décors panoramiques témoins des préocupations de l’époque. Je reprends ici le nom de Zuber pour établir un portrait contemporain, un panorama contenant les questions qui animent une recherche autour de la fonctionnalité et du potentiel représentatif des formes, qu’elles soient utiles ou non et à une époque donnée.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

@Cédric Canaud - 2022